Informations sur l'eau potable

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1. Une consommation en hausse

On boit en France 145 litres d’eau par an et par habitant. En Bretagne, c’est 4 fois plus.... Malgré un coût très important pour les consommateurs...

1 litre d’eau minérale en bouteille coûte 2 fois plus cher qu’1 litre d’eau de source en bouteille, et 90 fois plus qu’1 litre d’eau du robinet !

Plus la bouteille est petite, plus c’est cher : on paye le traitement, l’emballage, le transport et la publicité.

= un marché lucratif pour les producteurs d’eau en bouteilles !

En quelques années, le choix d’eaux en bouteille s’est diversifié : de la simple eau minérale ou de source, à l’eau aromatisée ou enrichie. Les industriels de l’eau surfent sur la crise de confiance liée à la qualité de l’eau du robinet, en organisant un marketing dynamique. Face à cette offre, comment choisir ? De quels repères le consommateur dispose-t-il ?

Le prix, les vertus alléguées, la composition, le goût, l’impact environnemental sont autant de critères pour nous aider à faire le bon choix. L’objectif est ici d’apporter à chacun des informations pour sa propre consommation et d’élargir la réflexion à l’impact de l’utilisation des bouteilles en plastique sur l’environnement et la santé.

2. Les différentes sortes d’eau

Pour se repérer, il faut d’abord connaître les différentes cartes d’identité des eaux disponibles dans le commerce. Nous en avons répertorié 5 sortes :

  • eaux minérales
  • eaux de source
  • eaux minérales ou de source gazeuses
  • boissons aromatisées à base d’eau
  • eaux enrichies

3. Les eaux minérales et les eaux de source

Leurs points communs :

  • souterraines, pures, à l’abri de toute pollution, elles sont bactériologiquement et chimiquement saines
  • absence de traitement de désinfection
  • possibilité de traiter à l’aide d’air enrichi en ozone pour enlever le fer, le manganèse, le soufre et l’arsenic
  • obligation de mentionner : «eau soumise à une technique d’oxydation autorisée à l’air ozoné» (arrêté du 10 novembre 2004)
  • respect des limites maximales fixées pour les résidus de ce traitement.

4. Leurs différences

L’eau minérale :

  • elle est agréée par le ministère de la Santé qui reconnaît ses propriétés favorables à la santé
  • sa composition est stable
  • elle n’est astreinte à aucune norme concernant sa teneur en minéraux et elle n’est pas tenue de respecter les seuils de potabilité fixés pour l’eau du robinet et l’eau de source, qui peuvent être dépassés et non signalés.
  • la réglementation européenne de mai 2003 fixe les limites maximales pour une vingtaine de ses constituants

Exemples : Fluor : norme 1,5mg/l, Vichy St Yorre est à 9mg/l.

Une nouvelle réglementation, applicable depuis le 1er janvier 2006 (arrêté du 10 novembre 2004), fixe les limites de concentration et les mentions d’étiquetage pour les constituants des eaux minérales naturelles ainsi que les conditions d’utilisation de l’air enrichi en ozone pour le traitement des eaux minérales naturelles et des eaux de source.

L’eau de source :

  • sa composition est variable
  • ses normes de potabilité sont identiques aux teneurs maximales de l’eau du robinet
  • elle ne peut se prévaloir de propriétés favorables à la santé et peut provenir de sources différentes, même de régions éloignées, sous une même marque

Les eaux minérales ou de source gazeuses

Elles sont naturellement gazeuses à la source ou regazéifiées avec du gaz carbonique. C’est le seul traitement de l’eau autorisé en plus du retrait d’éléments instables (comme le fer) ou indésirables (fluor, arsenic...), présents naturellement dans l’eau mais à déconseiller à des taux trop élevés.Elles sont de 3 sortes :

  • Naturelles et adjonction de gaz à la source
  • Naturelles et gaz carbonique provenant d’une autre origine que la source
  • Naturelles, renforcées à la source

Peut-on qualifier de naturelle une eau gazeuse avec adjonction de gaz carbonique provenant de la source ou d’une autre origine ?

5. Les boissons aromatisées à base d’eau

Vendues au rayon des eaux en bouteille, elles sont à base d’eau de source ou d’eau minérale. Elles ne sont pas soumises à la réglementation concernant les eaux minérales et peuvent comporter tous les ingrédients autorisés dans les «boissons rafraîchissantes sans alcool» : édulcorants, colorants, arômes, sucre Une eau aromatisée peut être réellement sans sucre, souvent à base d’édulcorants pour imiter la saveur sans les calories, mais peut aussi contenir jusqu’à 15 morceaux de sucre par litre (75g) pour les boissons aux extraits de thé ! Exemples :

5.1 Une boisson à l’eau minérale naturelle aromatisée

Volvic, goût fraise, 33 cl (étiquette présentée) Ingrédients : Eau minérale naturelle de Volvic (93,2%), sucre (4,8%), arôme, acidifiant : acide citrique, conservateur : benzoate de potassium. Pour 100ml, Glucides = 4,8g dont sucres 4,8g

Que comprendre ? Si on mesure le sucre à la proportion individuelle vendue de 33cl, c’est 15,84g,
soit 3 morceaux de sucre.

5.2 Une boisson à base d’eau de source aromatisée saveur fraise

U (Système U), 0,5l (étiquette présentée) Ingrédients : Eau de source Drômeline (94%), sucre (5,7%), acidifiant : acide citrique, arôme. Pour 100ml, Glucides = 5,7g

Que comprendre ? Si on mesure le sucre à la proportion individuelle vendue de 0,5l, c’est 28,5g,
soit près de 6 morceaux de sucre.

Les fabricants multiplient les contenants à volumes différents ce qui complique les comparaisons et ne renseigne pas sur la quantité de sucre consommée par portion pour les bouteilles individuelles. Quand on sait que sur une journée, il est conseillé, dans une alimentation équilibrée, sans régime particulier, de ne pas dépasser l’équivalent de 8 à 10 morceaux de sucre par jour, faites vos compte, ça va très vite !

Et l’acidité ?
Plus les boissons sont acides, plus elles provoqueraient l’érosion de l’émail dentaire. Pas facile de se repérer : le sucre peut masquer la saveur acide ou bien la présence de citron ne conduit pas forcément à une forte acidité.En bref, light ou pas, les boissons aromatisées n’ont pas d’intérêt en terme de santé dentaire. Les eaux enrichies. L’origine de l’eau utilisée n’est pas indiquée : issue d’une source «sélectionnée pour sa pureté»... Elle échappe ainsi à la réglementation sur l’eau en bouteille garantissant le respect de seuils limites et de la règle relative à l’interdiction d’ajout d’arômes, de colorants et de sucre. Exemple : Taillefine de Danone est enrichie en calcium et en magnésium.

6. Eau, santé et diététique

Les apports de l’eau de boisson. L’eau est un élément essentiel : elle nous apporte des sels minéraux qui complèteront nos apports alimentaires (calcium, magnésium...).

Quand boire ? Buvez régulièrement pendant et entre

les repas. Boire abondamment à table peut cependant ralentir la digestion.

Quelle quantité boire ? Le corps est constitué d’environ 2/3 d’eau. Les pertes quotidiennes doivent être compensées (transpiration, respiration, urines, selles). La consommation de base est d’au moins 1,5 litres en eau de boisson par jour en plus de l’eau contenue dans les aliments. Elle doit être augmentée en cas d’activité physique et/ou de chaleur, et en cas d’état de santé particulier (fièvre, diarrhée). Même l’hiver, ne pas attendre de ressentir la sensation de soif pour boire. Attention aux bébés dont les besoins sont plus importants et aux personnes âgées qui perdent la sensation de soif avec l’âge et dont la capacité du corps à retenir l’eau est réduite. :

À chacun selon ses besoins

Choisir une eau n’est pas anodin pour la santé. Ce choix dépend aussi de ses propres besoins et ceux de sa famille. En apparence, toutes les eaux se ressemblent et pourtant, certaines peuvent être contre-indiquées. Par exemple, une eau doit être choisie en fonction de ses antécédents médicaux, du régime en cours, de sa situation : grossesse, allaitement, nourrisson, adolescent, sportif, un état de carence minérale ou au contraire de réduction nécessaire d’un sel minéral...

7. Le flou des étiquettes

L’étiquette valorise les allégations marketing au détriment des réelles informations qui sont peu lisibles et explicites pour le consommateur telles que :

  • la liste des composants
  • la quantité de sels minéraux indiquée par «Total résidu sec à 18O° C». Les seuils sont déterminés par la réglementation, pourquoi ne pas indiquer clairement : eau «très faiblement minéralisée», «faiblement», «moyennement» ou «riche en sels minéraux» ?

La publicité met en avant la richesse en certains composants, mais omet de souligner les taux élevés de certains autres. Pour telle eau par exemple, on vantera la richesse en magnésium sans noter le fort taux de sodium, préjudiciable en terme de santé pour qui surveille sa consommation de sel !

8. Marketing et allégations, comment s’y retrouver ?

Les marques communiquent sur l’origine de l’eau, certains composants (ex : le magnésium) ou les bienfaits supposés. Comme pour tous les aliments santé, les promesses sont alléchantes : «bien-être», «forme», «vivifiante»...

Messages et confusion du consommateur

L’article R112- 7 du code de la consommation précise que l’étiquetage et les modalités selon lesquelles il est réalisé ne doivent pas être de nature à créer une confusion dans l’esprit de l’acheteur ou du consommateur, notamment sur les caractéristiques de la denrée alimentaire... et l’étiquetage ne doit comporter aucune mention tendant à faire croire que la denrée alimentaire possède des caractéristiques particulières alors que toutes les denrées alimentaires similaires possèdent ces mêmes caractéristiques.

L’application de cet article se pose pour la commercialisation de l’eau enrichie Taillefine. En effet, l’étiquetage de cette eau entretient une confusion basée sur la reprise des mêmes codes que ceux utilisés sur les produits allégés de cette marque, la mention «0.001% de sodium» étant placée au même niveau que le 0% de MG sur les produits laitiers. Tout le visuel tend à suggérer que cette eau aurait un effet en matière de contrôle de poids, il est même ajouté la mention «Un corps léger et tonique». De plus, pour renforcer cette corrélation entre amaigrissement et eau, les informations nutritionnelles ajoutées reprennent des paramètres qui n’ont aucun sens. A part les sels minéraux, l’eau n’a jamais eu d’autres apports nutritionnels et n’apporte pas de calorie, ce n’est pas un aliment L’analyse, notamment des protéines et lipides en matière d’eau est aberrante.

Message santé avec modération

La loi interdit les allégations attribuant des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie. Cependant, industriels et publicitaires savent la contourner avec des sous-entendus et des images équivoques comme cette «boisson aromatisée enrichie en calcium et en magnésium avec édulcorant», présentée comme une eau minérale, avec mention en gros sur l’étiquette «0% calorie» et, en plus petit sur le côté, «en-cas hypocalorique appauvri en glucides convenant particulièrement aux personnes qui contrôlent leurs apports en calories».

Face à l’abondance de ces boissons aromatisées qui ne sont pas de l’eau, avec ou sans sucre, aux promesses d’amaigrissement en tous genres, la confusion est telle que le fabricant parle d’en-cas pour cette boisson sans sucre. Il est temps de revaloriser l’eau, y compris du robinet, et les saveurs d’une alimentation équilibrée. Mais quand le marketing s’en mêle...

9. L’impact environnement-santé

Le conditionnement en bouteille plastique entraîne des conséquences à la fois sur la santé et sur l’environnement

Bouteille plastique et santé

L’eau en bouteille peut contenir des substances chimiques issues du plastique. Selon l’Institut Français de la Nutrition, des études ont relevé des teneurs d’antimoine (SB), une substance toxique, dans des eaux vendues dans les bouteilles de Polyéthylène téréphtalate (PET) . Les concentrations restent bien inférieures aux limites autorisées mais elles mettent en évidence le risque de migration de la matière à l’eau. Par rapport à l’eau du robinet étiquetée «polluée», l’eau en bouteille n’est pas au-dessus de tout soupçon (Cniid, Centre national d’information indépendante sur les déchets). La consommation d’eau en bouteille n’est saine et que si l’on respecte des conditions de conservation de base :

  • stockage à l’abri de la lumière et de la chaleur ;
  • conservation au réfrigérateur pendant 48 h maximum une fois la bouteille ouverte ;
  • ne pas boire au goulot (développement de bactéries) ;
  • ne pas remettre d’eau dans une bouteille plastique déjà utilisée.
  • respect de la DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale).

Bouteille plastique et environnement

  • La fabrication des bouteilles plastique nécessite l’utilisation de ressources non renouvelables (pétrole, gaz naturel) et peut produire des pollutions.
  • Leur transport , de la source jusqu’aux lieux de vente et à notre domicile, puis le transport des bouteilles usagées vers leur destruction, pollue, consomme du pétrole, accentue la dégradation des voies d’accès et est source de nuisances comme le bruit.
  • Enfin, la destruction du plastique dégage des fumées polluantes. Plusieurs procédés de recyclage existent. Mais, plus le procédé est sûr, plus il requiert d’énergie et donc, moins il est rentable.

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